Écrit par Aurore Le Bihan

Il y a un peu plus d’un an, MakeSense STORiES avait eu la chance de rencontrer Sonia et Victoria avant leur grand départ pour un tour du monde à la rencontre des femmes entrepreneuses. Leur objectif ? Filmer des femmes qui fondent leur boîte et utiliser ces vidéos comme support de sensibilisation dans des écoles ou associations pour mieux déconstruire les stéréotypes et encourager les femmes birmanes, iraniennes, indiennes, mexicaines, françaises à se lancer à leur tour !

En juillet 2016, elles exprimaient leur crainte de ne pas pouvoir boucler leur budget. À tort, car les deux jeunes femmes ont pu partir 6 mois et sont revenues la besace pleine de vidéos et de projets menés par des femmes dans 5 pays à travers le monde. Aujourd’hui, elles souhaitent compiler ces portraits de femmes pour en faire un documentaire qui pourra être diffusé par quiconque souhaiterait montrer que, oui, c’est possible d’être une femme entrepreneuse ! 

 

MakeSense STORiES : Salut Victoria, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 25 ans et derrière moi un double-diplôme en éco-gestion langue et civilisation anglo-américaine ainsi que quelques années en école de commerce, à Audencia. C’est d’ailleurs à Audencia que j’ai trouvé mon acolyte, Sonia, avec qui on s’est retrouvées sur l’envie d’allier « voyages et projets qui ont du sens ». De cette envie est née “The EntreprenHer Tour”. J’étudiais le marketing, Sonia, la finance. On a commencé à mettre un pied dans l’éco-système de l’entrepreneuriat social en se rendant à des événements, des conférences sur le sujet.

A partir de là, on a réalisé que c’était dommage d’être en école de commerce et de ne pas avoir été sensibilisées au monde de l’entrepreneuriat – social notamment – et qu’il serait intéressant d’attirer l’attention des jeunes dès le lycée sur ce domaine d’activité.

L’idée n’est pas de faire passer le message « Devenez entrepreneurs ! » mais plutôt montrer que cette orientation professionnelle existe en mettant en avant des parcours et un mindset inspirants avant la sortie de leurs études.

entreprenher entrepreneuses en Inde

Sonia et Victoria à droite avec les entrepreneuses du projet TaxShe en Inde

Pourquoi avoir choisi de mettre la lumière sur des femmes entrepreneuses ?

En tant que femmes, on se sentait impliquées. On s’est rendu compte que les événements autour de l’entreprenariat restaient très masculins, que les femmes y étaient sous-représentées.

Mettre en avant des femmes ambitieuses permettaient également d’engager un débat sur l’égalité homme/femme au sein de l’entreprise et de planter une petite graine dans l’esprit des étudiant(e)s.

En tant que femmes, on se sentait impliquées. On s’est rendu compte que les événements autour de l’entreprenariat restaient très masculins, que les femmes y étaient sous-représentées.

 

Comment avez-vous défini votre parcours autour du monde ?

On voulait explorer des pays qui souffrent d’une image stéréotypée véhiculée par les médias. On a choisi de partir dans 5 pays pendant 6 mois : en Iran pour sa dimension géopolitique. En Inde, car c’est le pays qui symbolise souvent le plus les violences faites aux femmes et le poids des traditions. En Birmanie pour sa récente ouverture économique et son développement exponentiel. Au Mexique, car on voulait traiter de la violence envers les femmes. A Cuba, avec la naissance d’une économie capitaliste mais aussi car on était passionnées par l’histoire de ce pays.

Havane entreprenher tour makesense

La Havane et ses voitures américaines mythiques

Quels contenus avez-vous privilégié pour mettre en avant les femmes entrepreneuses dans ces différents pays ?

Pour nous, la vidéo était le contenu le plus adapté pour raconter l’histoire de ces femmes entrepreneuses. Dans chaque pays, on restait environ un mois avec deux phases : la réalisation d’interviews vidéos d’entrepreneuses puis l’utilisation desdites vidéos comme support de sensibilisation lors d’ateliers où ils servaient de prétexte à des échanges avec différents type d’acteurs (écoles, associations, incubateurs…).

La vidéo était le contenu le plus adapté pour raconter l’histoire de ces femmes entrepreneuses.

 

Comment avez-vous réussi à repérer les femmes entrepreneuses depuis la France ?

On a lu pas mal d’articles, repéré les femmes qui ont reçu des prix, des associations, fouillé des bases de données, intégré des petites communautés sur les réseaux sociaux (LinkedIn…). On a trouvé deux à trois contacts clés par pays avant le départ. Sur place, les femmes que l’on rencontrait étaient ravies de partager de leur histoire et nous redirigeaient facilement vers d’autres femmes entrepreneuses.

 

Quelles initiatives vous ont le plus marqué lors de votre voyage ?

Roozbeh Charity est une asso qui aide les femmes victimes de violences. Comment ? En leur apprenant à cuisiner ou à coudre ce qui permet de les rendre autonome financièrement. Ce qui est assez dingue, c’est qu’on s’est rendu compte que beaucoup de ces femmes ont fini par ouvrir leur propre boutique suite à leur formation.

 

J’ai aussi adoré un projet basé en Inde, TaxShe. Fondée par Vandana Suri, cette entreprise de taxi située à Bangalore s’est lancée suite au scandale Uber à New Delhi où une femme s’était fait violée lors d’un trajet. Elle est partie à la recherche de femmes vivant dans des milieux défavorisés et leur a offert des formations pour leur apprendre à conduire. Ces femmes deviennent ensuite chauffeur.e.s de taxi et ont pour passagers exclusivement femmes ou enfants. TaxShe permet ainsi de garantir la sécurité à la fois des conductrices et des passagères.

 

Mais il y a plein d’autres exemples… notamment Laboratoria, au Mexique, une association qui apprend aux femmes à coder pour développer leurs compétences dans le numérique et la tech.

En Iran, on a interviewé Shirin Parsi qui possède une ferme où elle cultive du bio et essaie de sensibiliser la population de sa région aux enjeux de l’agriculture biologique.

Shirin Parsi, entrepreneuse iranienne

Shirin Parsi, entrepreneuse iranienne

C’est quoi les prochaines étapes de l’entreprenHer tour ?

Nous avons réalisé le teaser de notre futur documentaire qui valoriserait toutes les interviews des femmes entrepreneuses rencontrées ! Nous sommes actuellement à la recherche de notre monteur qui nous aidera à réaliser ce documentaire. Ce dernier appuiera nos interventions (débats, milieu éducatif ..) mais pourra aussi servir de support à n’importe qui ayant l’envie de sensibiliser à l’entreprenariat féminin !


La compil féministe de Victoria & Sonia :

Un livre, We Should All Be Feminists de Chimamanda Ngozi Adichie adapté du Tedx Talk du même nom

Une photographe, Stephanie Sinclair, qui a crée la fondation Too Young To Wed une campagne contre le mariage des jeunes filles

Un SenseTour, Sarah Zouak, fondatrice de Lallab, qui est partie dans le cadre du Women SenseTour in Muslim Countries, 1er projet que nous avons découvert et qui nous a inspiré


Le meilleur moment de votre SenseTour : on a beaucoup de “meilleurs moments”. L’un d’eux serait le nouvel an passé avec la famille mexicaine de notre hôte.

L’accessoire indispensable : notre appareil photo, qui a survécu à des intempéries indénombrables

Une artiste qui parle bien de la cause féministe : la très rock’n roll Patti Smith notamment dans son autobiographie Just Kids.


Trois conseils que vous donneriez à un SenseTourer :

#1 Ne pas lâcher, il y a une communauté prête à vous aider que ce soit niveau formation, accompagnement sur la com etc c’est un écosystème dans lequel les gens s’entraident.

#2 Participer à tous les événements en lien avec votre projet, c’est comme ça que l’on fait les plus belles rencontres et que l’on fait connaître son SenseTour.

#3 Votre équipe est la partie la plus importante, beaucoup de vos soutiens seront là parce que c’est VOUS alors prenez-en soin ( <3 )


Vous souhaitez organiser votre propre SenseTour ? Rendez-vous ici.

Vous souhaitez vous mobiliser pour la cause Women Empowerment. Rendez-vous ici ?

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