Écrit par Sense Reporter

Wintegreat est l’ambitieux projet mené par Eymeric Guinet et Théo Scubla, deux étudiants à l’ESCP Europe, qui œuvrent pour l’insertion sociale, éducative et professionnelle des réfugiés. Pour cela, l’équipe met en place des programmes d’insertion complets, gratuits et certifiants, en partenariat avec de grandes écoles et universités (ESCP Europe, l’Institut Catholique de Paris, Sciences Po Paris et l’ESSEC).

À l’occasion de leur campagne de crowdfunding, qui s’est conclu avec succès, nous leur avons posé quelques questions:

Qui compose votre team?

MakeSense Stories Wintegreat 3Eymeric – Je suis le co-fondateur de Wintegreat et de mon style vestimentaire, et je crois que c’est inquiétant. D’après l’équipe, il ne semblerait pas que mon humour soit mon super-pouvoir… mais je persévère toujours !

MakeSense Stories Wintegreat 5Théo – Ayant co-fondé Wintegreat après deux années de prépa, j’ai appris comme mes collègues à m’habituer au style vestimentaire d’Eymeric ! Sinon, je suis aujourd’hui en Master à ESCP Europe et j’adore entreprendre, c’est même vital pour moi. Mon super pouvoir : Mon accent toulousain, c’est très utile pour négocier en réunion !

MakeSense Stories Wintegreat 4Fanny – Je suis étudiante en première année à l’ESCP. Passionnée de voyages et espagnole dans l’âme, je suis secrétaire générale de Wintegreat et j’ai coordonné le programme à l’ESCP. Mon super pouvoir :
Je suis polyglotte.

MakeSense Stories Wintegrate 2Guillaume – Je viens de Toulouse et je suis en première année à l’ESCP. Mon super pouvoir : Je rencontre les bonnes personnes au bon moment.

MakeSense Stories 1Marguerite – Je suis de Sciences Po, où j’apprends un peu de tout et de rien. Mon super-pouvoir: Harcelleuse de journalistes. À tort ou à raison…

SiteMarine2Marine – Étudiante en première année à HEC, je suis encore à la recherche de mon super-pouvoir !

 

Quel a été le déclic à l’origine de Wintegreat? Comment vous est venu cette idée?

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Eymeric : Au-delà d’une profonde envie de m’engager, c’est la rencontre avec Rateb Abou Zeid Agha et la compréhension de sa vie qui m’a poussé à vouloir lui permettre de retrouver un peu de justice dans son parcours.

Théo : En septembre 2015, mois durant lequel nous avons lancé le projet, le contexte européen avait pour premier plan la « Crise des réfugiés » qu’ont fortement couverte les médias durant l’été 2015. Sur le plan personnel, je sortais de deux ans de classes préparatoires, enrichi, et fort du désir de m’engager concrètement, de ne pas rester immobile, bref d’entreprendre. J’ai donc voulu prendre le contre-pied du misérabilisme ambiant, remettre l’optimisme et le pragmatisme au centre du débat et c’est finalement une rencontre qui a été l’élément déclencheur de cette aventure : Rateb, ingénieur syrien réfugié, avec qui nous avons notamment, Eymeric et moi, pu prendre conscience de l’ampleur du déclassement automatiquement intégré une personne réfugiée.

L’idée n’est pas venue d’un coup mais s’est construite progressivement et au fil des rencontres, en mettant en place des premières solutions concrètes, en acceptant de multiplier les erreurs au départ, et en essayant de mettre à profit ce qui était autour de nous à ce moment là : les Grandes Ecoles et leur environnement humain, un réseau d’étudiants et une certaine idée de l’éducation.

Fanny : Cela faisait longtemps que j’étais engagée auprès des réfugiés dans différentes associations, Wintegreat était pour moi une évidence, d’autant plus dans le contexte actuel. Ces personnes ont des histoires et des compétences qui ont tendance à être ignorées et nous avons souhaité agir pour que leurs parcours soient enfin reconnus par les entreprises et les universités et recréer le lien social.

Guillaume : On m’a proposé de participer à un projet innovant à fort impact social. Je me suis dis que j’allais travailler sur des choses stimulantes et rencontrer des gens intéressants, j’ai donc rejoins l’aventure.

Marguerite : J’ai rejoins l’équipe il y a un mois et demi parce que j’avais envie de m’investir dans un projet en rapport avec les réfugiés et qui ait un véritable impact social : Wintegreat était là pour moi !

Marine : J’ai rencontré pas mal de réfugiés au premier semestre, dans un cadre complétement différent, et quand Eymeric m’a parlé de Wintegreat, j’ai tout de suite voulu participer.  

Comment passe-t-on de l’idée à la concrétisation? Êtes-vous soutenu par votre école? Est-ce facile d’être étudiant et entrepreneur?

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Eymeric : En travaillant, en pensant et en repensant le modèle, et en échangeant énormément avec les premiers intéressés pour être toujours au plus proche, à la fois de leurs besoins et des impératifs de la société. Paradoxalement, tandis que chaque professeur et membre de l’administration de l’École nous encourage à poursuivre dans cette voix, l’institution dans son ensemble demeure parfois rigide…

Théo : Je pense que c’est une erreur de prendre à part idée et concrétisation de l’idée. Nous avons en effet rarement une idée complète et finale dès le début. Je pense qu’il faut donc, avec le soupçon d’idée que nous avons, accepter de lancer des choses en ayant qu’une vision partielle au départ, formaliser des pistes, en parler. C’est ce que nous avons fait et nous avons pu, grâce à ça, très vite rencontrer nos futurs partenaires et avoir une vision plus globale parce que, justement, nous avions déjà quelque chose à présenter qui faisait office de « produit fini ». Très vite, nous avons lancé un programme pilote, que nous avons corrigé et modifié en relevant soigneusement les remarques des principaux intéressés, les personnes réfugiées elles-mêmes. Et pour ça, la meilleure chose qu’a pu faire l’école, même si elle peut sembler rigide, c’est de nous faire confiance et de nous laisser la place d’agir : c’est un simple « allez-y » qui a énormément compté.

Pour ce qui est de concilier “étudier” et “entreprendre”, je pense qu’il est particulièrement confortable d’être entrepreneur quand on est étudiant : nous n’avons pas encore la nécessité immédiate de gagner notre vie, nous bénéficions d’un réseau et de soutiens présents. Reste à accepter d’avoir des semaines bien remplies, entre le projet, les cours, et notre vie sociale !

Fanny : Entre l’idée et la concrétisation, il y a beaucoup de rencontres. Nous avons d’abord rencontré des étudiants réfugiés pour réellement cerner leurs besoins et leurs attentes, puis nous avons ensuite rencontré des professeurs motivés avec qui nous avons construit le programme dans nos établissements. Rien n’aurait été possible sans le soutien des établissements. Sachant que nous sommes à plein temps sur le projet, on va dire que ça fait des journées très chargées mais ça se fait bien !

La moitié des étudiants en école de commerce souhaitent travailler dans l’économie sociale et solidaire.

Quel est vous votre avis sur l’engagement étudiant aujourd’hui? Sentez-vous les étudiants impliqués sur la crise des réfugiés? 

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Eymeric : Je pense que l’ESS est la clé de la société que nous sommes en train de construire : une société plus cohérente, moins schizophrène et espérons le plus juste, où les universités, les entreprises et la société civile se comprennent et concourent à mieux répondre aux problématiques auxquelles la société fait face.

Théo : Comme l’a bien dit Emmanuel Faber, DG de Danone, on ne peut pas concevoir une économie sans justice sociale. Et cela, les gens commencent à en prendre conscience. À côté de ça, j’ai l’impression que nous sommes dans une période charnière où non seulement nous, étudiants, mais aussi la société en elle-même, recherchons toujours plus de sens. Pour cela nous nous engageons, pour plusieurs causes, et c’est un cercle vertueux puisque cet engagement est de plus en plus valorisé.

Guillaume : Les étudiants s’ennuient beaucoup dans les premières années de leurs études. Nécessairement, ils cherchent à combler un vide et l’engagement dans l’ESS en est un excellent moyen.

Marine : Sur l’implication des étudiants, je ne suis pas si optimiste. Entre engagement sur le papier et dans les faits, il y a un pas.

Comment ça marche Wintegreat concrètement?

Eymeric : Ça sprint !

Théo : Wintegreat a pour objectif l’insertion sociale et professionnelle de personnes réfugiées et demandeuses d’asile, et ce en défendant l’idée d’une société de possibles plus ouverte où les perspectives existent et où chacun peut exprimer son potentiel. Nous développons donc des programmes pour faire face au manque de reconnaissance des compétences des personnes réfugiées par les entreprises et établissements de l’enseignement supérieur. Celui-ci est un tremplin qui vise à permettre à l’étudiant réfugié de reprendre son parcours, à travers la reprises d’études ou en retrouvant un emploi, et ce, sans déclassement. Les personnes souhaitant participer au programme candidatent sur www.greatbab.org puis nous organisons des entretiens pour les rencontrer. Les étudiants les plus motivés participent ensuite, durant un semestre, à notre programme.

Fanny : Concrètement, c’est un programme d’insertion certifiant et gratuit pour réfugiés avec 21 heures de cours par semaine et un accompagnement ultra-personnalisé dans des classes de 25 étudiants dans 4 établissements.

Quels sont vos défis du moment?

Eymeric : Assurer la pérennité des programmes d’insertion Wintegreat à la fois financièrement, auprès des Grandes Ecoles et auprès des bénévoles. Pour résoudre ce défi, mon seul soucis : ne pas se perdre et s’appliquer à bien accueillir les étudiants du programme. En effet, seule la qualité du service que l’on propose aux réfugiés permettra d’assurer définitivement la pérennité de Wintegreat.

Théo : Nous cherchons en effet à pérenniser notre action. Pouvoir s’autofinancer comme avoir une continuité dans la gestion du projet sur le plan humain sont deux choses indispensables. (En passant, embaucher un directeur serait une bonne chose)

Fanny : En ce moment nous recherchons notamment des mentors pour accompagner nos étudiants l’an prochain. Un mentor est un professionnel travaillant dans le domaine du projet de l’étudiant et qui le conseille. Ils se rencontrent deux fois par mois. Nous sommes aussi en campagne de crowdfunding, notre défi est d’atteindre 25.000 euros !

Marine : ll faut maintenant arriver à trouver un business model stable qui permette à Wintegreat de se développer sur le long terme.

Pour conclure, votre mot de la fin : 

Eymeric : Je ne suis pas contre quelques 06 🙂 (ndlr : Eymeric semble rechercher l’Amour !)

Fanny : Parlez du projet autour de vous ! Et si vous souhaitez devenir mentor, coach ou buddy, contactez-nous !! 🙂

Guillaume : N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez vous investir dans le projet !

Marguerite : Likez notre page Facebook ! 😉 #harceleuseProfessionnelle

Marine : Hâte de voir le programme recommencer en septembre ! 🙂

Théo : Restons optimistes !

Si vous souhaitez en apprendre plus et faire aussi partie de l’aventure Wintegreat , c’est par ici !

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